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29 août 2011

L'enclos de l'éléphant de retour à l'espace libre

 Commis par Maxouel

Après un passage remarqué au FTA le printemps dernier, L'enclos de l'éléphant est de retour à l'Espace Libre pour la saison régulière jusqu'au 10 septembre.

En un mot : cette pièce est un must. En plusieurs mots : voir ci-dessous.

La pièce est l'oeuvre du jeune dramaturge Étienne Lepage, déjà remarqué pour son Rouge Gueule, joué récemment au Prospéro et à l'Espace GO. À l'origine, L'enclos de l'éléphant était écrite pour un seul spectateur. Une telle exigence n'étant pas financièrement viable, la scénographie de Romain Fabre isole plutôt les spectateurs à l'aide de panneaux latéraux. Les places, formant un grand cercle à même le sol, créent les limites de la scène. Ainsi, malgré l'isolement partiel créé par les panneaux, nous faisons ostensiblement face aux spectateurs placés de l'autre côté de la scène. L'acoustique étouffée d'un tel dispositif est palliée par un petit haut-parleur placé dans chaque isoloir, dont le son est alimenté par des micros sans-fil que portent les acteurs. L'effet d'intimité est saisissant. Même les phrases chuchotées nous parviennent dans le creux de l'oreille. Confessionnal, enclos pour animal, isoloir de prison : la symbolique du dispositif est multiple et parlante.

Crédit : Yanick McDonald


L'histoire est des plus simples. Alors qu'Alexis (Denis Graveraux) lit tranquillement son journal, un homme (Paul Ahmarani) entre sans frapper et lui demande de bien vouloir l'accueillir le temps de l'averse. Cette situation, somme toute banale, prend rapidement une tournure... disons «étrange» pour ne pas vendre de punch. Paul (c'est le nom de l'homme) parle presque sans s'arrêter, joue avec la confiance de son hôte. Mais que cherchent Paul et Alexis dans cet échange improbable ? Là est toute la question. Que pouvons-nous savoir les uns des autres ? Connaissons-nous seulement nos propres intentions ?

Absurde, drôle et violent, le texte remarquable d'Étienne Lepage est soutenu par deux acteurs solides. Paul Ahmarani donne une véritable âme à un texte pourtant difficile. Le rôle de Denis Graveraux, quant à lui, demande des reins solides. Muet jusqu'à l'éclatement, l'hôte successivement humilié, complimenté, menacé et taquiné se plie douloureusement au jeu.

Cette pièce est un franc succès à tous les niveaux, du point de vue de la mise en scène, de la scénographie, du jeu et du texte. C'est une production brillante et dérangeante d'une qualité rare. C'est à voir !


Jusqu'au 10 septembre
du mardi au samedi, 20h
sauf ce jeudi 1er septembre, à 19h et suivi d'une discussion avec l'équipe
Espace Libre

3 commentaires:

val-1815 a dit…

La prémisse me fait penser à Funny Games, et donc j'ai peur.

maxouel a dit…

Je n'ai pas vu le film, mais il paraît qu'il y a effectivement une ressemblance avec L'enclos !
Par contre, on n'est pas dans le domaine de l'horreur et du psychopathe.

Mlle à Montréal a dit…

Ta chronique m'a donnée envie d'aller voir la pièce! J'ai trouvé ça vraiment bon. En tant que grande admiratrice de monologue, c'était du bonbon pour moi ;-) Merci pour la suggestion. :-)