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14 mai 2011

The Internet is made of cats

Inspiré par le texte de la Fille, ainsi que pour mettre à contribution les heures de ma vie perdues sur Know Your Meme, j'ai décidé de vous faire part de quelques-uns de mes mèmes favoris. Je vous présente ces phénomènes du web en cinq grandes catégories.

1- Les mèmes provenant de vidéos

Probablement les mèmes les plus prolifiques, surtout après l'avènement des réseaux sociaux. Rebecca Black devient célèbre en quelques jours, tout autant qu'une vieille chanson de Rick Astley ou qu'un arc-en-ciel. Le cinéma n'y échappe pas non plus, que ce soit Downfall, The Social Network, ou bien Star Wars, qui nous a offert notre premier mème québécois.

Et parfois, coup de chance, un vidéo tel que celui-ci apparaît sur Youtube:



Paru en 2007, ce vidéo a rapidement fait le tour du monde. Pourquoi?

Je ne sais pas pourquoi. Peu importe.

2- Les mèmes provenant de photos

Pensez à la plus belle personne qui soit. Puis, rajoutez les yeux de Steve Buscemi. Sinon, imaginez vous retrouver face à face avec cet ours. Ou devant le chapeau de la princesse Beatrice de York. Épouvantable.

3- Les mèmes provenant de célébrités

Je pourrais vous parler de Nicolas Cage, Chuck Norris ou Charlie Sheen, mais attardons-nous plutôt sur Christina Aguilera. Les fans de football s'en souviendront, Christina s'est malheureusement trompée dans les paroles de l'hymne national américain lors du dernier Super Bowl. Il n'en fallait pas plus pour les internautes: et si Christina décidait "d'interpréter" d'autres chansons?



4- Les mèmes incomprénsibles

Le cosmos + une chanson japonaise intitulée Nyanyanyanyanyanyanya + un chat volant + un pop-tart + un arc en ciel = le Nyan Cat.



Je ne comprends pas d'où une chose pareille peut provenir. Mais j'aime ça. Et le fait qu'il y ait un chat nous amène à la dernière catégorie...

5- Les mèmes de chats

Les chats ont envahi l'internet! I, for one, welcome our cat overlords.

22 avril 2011

Il paraît que mème Rick Genest en serait

COMMIS PAR LA FILLE

Connaissez-vous Strutting Leo?


Ou le film The Room (et ses scènes mythiques)?


Ou encore la fameuse Arielle hipster que je vous faisait découvrir il y a deux semaines?

Ils vous disent tous trois quelque chose, non? Normal. C'est qu'ils partagent tous quelque chose de bien important dans le cyberespace.

Ils sont des mèmes Internet.

Pas des mêmes.

Des M-È-M-ES.

Késéça, un mème? Un mime prononcé avec un accent belge? Nop. Le terme a été proposé pour la première fois en 1976, par Richard Dawkins, dans Le gène égoïste. En gros, le mème désignerait un élément culturel reconnaissable pour tous (c'est vaste, je sais) répliqué, transmis, imité.

Bon.

Ne nous énervons pas. Gardons en tête cette vaste définition et tentons de l'appliquer au cyberespace; les choses se précisent alors d'elles-mêmes.

En effet, nul besoin de chercher de midi à quatorze heures. Un mème Internet serait simplement tous ces hyperliens, vidéo, sites Web, phrases ou mots viraux qui se retrouvent propagés et partagés via les réseaux sociaux, les blogs, les messages instantanés. Vous connaissez tous des mèmes. Vous ne saviez simplement pas qu'ils se dénommaient comme tels. Ils sont les phénomènes viraux du Web, tout bêtement. Comme Rebecca Black, comme CathyMay15, comme Double Rainbow:


Je ne sais pas pour vous, mais moi, j'aime les mèmes. Je les aime d'amour. Je les chasse, je les traque, je cherche les meilleurs. Parce qu'ils me font rire. Et que rire, ça libère.

Or, pour éviter que vous vous perdiez des heures durant dans les méandres de la toile (parce que, soyons franc, les Internets, c'est gros en pas possible), je vous conseille deux incontournables en ce qui a trait aux mèmes Internet.

Le premier site, né d'abord comme un forum pour discuter de manga et animation japonaise, est devenu le repère d'Anonymous et la plaque tournante de la culture imageboard. D'ailleurs, c'est sur le forum /x/ paranormal de 4chan que notre cher Slendy a acquis toute sa popularité et ses lettres de noblesse. Le Slender Man, comme de nombreux autres mèmes, doit une fière chandelle au réseau.

Le titre parle de lui-même. Ce site Web répertorie avec une précision et une maniaquerie presque inquiétantes tous les mèmes. Cliquez, et vous vous engagez pour des heures de plaisir. Assurés.

Vous êtes maintenant des mèmes master. Vous savez ce qu'ils sont, vous savez où les trouver.

Alors voilà. J'étais plongée dans ma quête au mème (en fait, le plus souvent, les mèmes viennent à vous, ce qui est encore plus fantastique) et je suis tombée là-dessus.

Petit topo récapitulatif sur Zombie boy: Montréalais de 25 ans ayant grandi à Châteauguay, Rick Genest - de son vrai nom - était ce qu'on pourrait nommer un punk de rue. Ancien squeegee et habitué du square Viger, il vient tout récemment d'être propulsé au sommet du star système. Recruté par le styliste de Lady Gaga, Nicola Formichetti, il a joué dans le dernier vidéo de la diva et défilé pour Thierry Mugler, le styliste français. Ce qu'il a de spécial? Le corps entier (ou presque) tatoué. Et pas des petites-fleurs-et-des-jolis-papillons-moineaux-cui-cui. Non. Une esthétique très recherchée du mort-vivant, du corps en décomposition.

Détail un peu surprenant: au Québec, Rick Genest ne s'est fait interviewer ni par Tout le monde en parle, ni par RDI, ni même par Hugo Dumas à La Presse (même si, disons-le, c'est Dumas qui avait déterré l'histoire de Zombie boy le "premier"). Non. Il a décidé d'aller à TVA, jaser avec François Paradis. Le midi. Devant les petites madames dans leur salon avec leur tricot.

Pourquoi pas. Mais les recherchistes ont dû user de leur charmes pour l'avoir. J'aurais peut-être fait pareil, remarquez. Je dis ça je dis rien.

Bref. On aurait quand même préféré une rencontre en anglais, sous-titrée. On sentait que Genest était limité dans son français et cherchait à dire les mots qu'ils connaissaient plutôt que ce qu'il avait vraiment en tête.

Parce que Rick Genest est un gars fascinant. Mais bon. Mon objectif, aujourd'hui, n'est pas de dresser un portrait du petit gars de Châteauguay devenu best-body de Formichetti.

Je vous demande plutôt, vous, nouveaux pros du mème: Est-il trop tôt pour consacrer Zombie boy comme mème?

J'aurais tendance à répondre par l'affirmative. Outre cette seule apparition photo sur Montrealmeme, l'identité "Zombie boy" n'a pas vraiment été reprise, reproduite, imitée, narguée. Tappez Zombie boy dans Google Images, vous trouverez que des photos de mannequinat, que des portraits officiels. Il faut chercher longtemps pour trouver quelconque travestissement du Zombie de Châteauguay. En fait, les vidéos YouTube - est-ce surprenant? - sont orientées vers le "zombiage" de Lady Gaga. Les tutoriels pour se maquiller comme la Mother Monster pullulent. Mais les mentions à celui les ayant inspirés: non.

Alors, mème Zombie boy? Nope. Pas encore. Sorry, dude, better luck next time. En attendant, je te file mon numéro de téléphone en messagerie privée.



07 avril 2011

Le Journalisme est mort, vive le Journalisme!

Les journaux sont au bord du gouffre. La radio a livré la première valse, la télévision a enchainé avec quelques jabs au menton et puis, finalement, Internet se prépare pour le K.O. ! Le peuple ne nous lit plus!! Les barbares sont à nos portes!!!

Vous avez sûrement déjà entendu ces propos, formulés d'une manière ou d'une autre. Les dinosaures auraient probablement eu le même discours s'ils avaient vu arriver le météore. Le quotidien traditionnel a perdu depuis longtemps le monopole de la nouvelle, au profit des chaînes 24/7 et d'Internet. Des publications voient leur lectorat diminuer de plus en plus, certains journaux se tournent définitivement vers le numérique, tandis que d'autres disparaissent tout simplement.

Pendant ce temps, l'art du journalisme écrit, loin de se perdre, est en train de fleurir sur le web. En effet, la génération Twitter serait friande de textes journalistiques d'envergure.

Laissez-moi donc vous présenter Longreads et Longform.org, deux agrégateurs de textes. Mais oubliez la nouvelle de dernière heure, ou bien l'article de quelques lignes; ces sites ne regroupent que des textes d'analyse et des longs reportages de journaux et magazines réputés, tels que le New York Times, Vanity Vair, Businessweek, GQ, Wired, Sports Illustrated, The New Yorker et The Atlantic. Le site web The Daily Beast publie aussi, chaque vendredi, un palmarès des meilleurs articles de la semaine.

On y trouve de tout, autant des sujets d'actualité que de l'insolite. Des textes sur le séisme au Japon et la menace nucléaire qui guette le pays. Un reportage sur le meurtre d'un avocat guatémaltèque en 2009 qui a presque mené à la chute du gouvernement. Un article du National Geographic sur l'acidification de nos océans. Un texte d'un journalisme de ESPN qui illustre à quel point la victoire de l'Inde au Mondial de cricket est un évènement historique pour ce pays. Sans oublier une entrevue avec Paul Haggis sur son passé de scientologue, entrevue dont je vous ai déjà parlé.

Coin techno: Avec toutes ces recommandations, comment garder le rythme? Avec Instapaper. Ce site vous permet de convertir facilement n'importe quelle page web en format texte pour pouvoir la consulter plus tard, sur votre ordinateur, votre téléphone ou bien votre tablette numérique. Bonne lecture!

17 décembre 2010

(Deux) Point Zero: The point where stupidity begins

Mon collègue m'a dressé un tapis tout rouge et tout doux avec l'introduction de son précédent article. Frôlant lui-même du bout des doigts la jeune et complexe histoire des Internets, il m'a décidée à aborder dès cette semaine l'épineuse question du 2.0, question dans laquelle je n'avais pas souhaité me lancer la semaine dernière, toute obnubilée que j'étais par les rondeurs de Dita. Alors, vous qui me lisez sur le Web, pensez-vous que nous sommes aussi 2.0 que tous les participants aux divers concours Web aimeraient nous le faire croire? Certes, en 2010, nous n’imaginons déjà plus l’époque où nous fonctionnions sans courriels, sans téléchargements illégaux, sans pornographie gratuite en ligne (mais oui, cliquez, cliquez); mais, bien que la majorité des foyers québécois soient branchés et connectés de toutes les façons possibles, le Net n’est-il pas encore le terrain de jeu d’un club sélect très restreint? Même si programmeurs, hackers, autodidactes du Web forment désormais une espèce commune et connue, la sélection naturelle n’en a toujours pas fait la race de demain. Cessons de nous leurrer : le commun des mortels ne connait pas (ou peu) l’outil qu’il utilise quotidiennement. Et vous, et moi? Connaissons-nous les nuances entre World Wide Web, Internet, HTML, RSS…?




Ceci étant dit, ne nous en alarmons pas. Il est normal que l’apprentissage prenne du temps. En 1930, on établissait les premiers circuits électroniques basés sur un système binaire (système qui, comme vous le savez, ô virtuoses de l’ordinateur, est la base de nombreux principes informatiques) ; en 1945, nous rencontrions le premier « bug » informatique – une mite s’étant introduite dans les circuits; en 1951, le premier ordinateur commercialisé est lancé et, finalement, et 1981, IBM dévoilait son premier ordinateur personnel (ou PC pour personnal computer, vous l’aurez compris). Donc : 51 ans pour passer de la théorie à la pratique. L’histoire d’Internet, intiment reliée à celle du militantisme américain de la Guerre froide, est plus condensée. Au début des années 1960 apparait ARPANET, système de communication conçu pour résister à une attaque nucléaire, puis, d’un hypertexte à un autre, nous arrivons, en 1989, au projet d’un hypertexte planétaire : le World Wide Web (www… ais-je besoin de développer?) 29 ans, donc, cette fois.


Ceci voudrait dire, si nous faisons une moyenne ((51+29)/2), que nous aurions dû avoir jusqu’en 2029 pour maitriser le Web. Or – horreur! – à peine commencions-nous à devenir des embryons de Webmasters qu’une nouvelle vague technologique est venue tout chambouler.



Le 2.0. nous a pris au ventre comme une ITS latente. Nous l’avons côtoyé cinq années sans comprendre la puissance de la bête endormie : elle a germé en 2003, mais n’a réellement déferlé sur nos univers de pauvres ploucs de l’info qu’en 2007. Et depuis, c’est la folie. Nous sommes teeeeeeeeeeeeeeeeellement 2.0.


Or, ne me méprenez pas. Je n’ai rien contre le 2.0. Il est réel. Et il nous a définitivement rendu le Web mille fois plus accessible : même les plus cons ont compris que quelque chose de nouveau s’y tramait. Ma dent, ma rage, mon exacerbation, elle est envers la trop vaste proportion de ces cons hurlant à tous vents qui sont des pros du Web 2.0, qu’ils sont complètement multiplateformes, polyvalents, que les réseaux sociaux n’ont plus de secrets pour eux. Vraiment? Chez qui iras-tu pleurer lorsque tu n’arriveras pas à déloger les publicités de Cialis et de Viagra sur ton blogue? Chez lui. Alors, je t’en prie, remballe ton discours de pro 2.0 et fous-moi la paix. Tu n’es pas 2.0. Je ne suis pas 2.0. Et le monde n’a pas arrêté de binariser




NDLR: Pour les moins férus de fashion, je vous laisse deviner de quelle marque vestimentaire populaire s'inspire directement le titre de cette chronique. Tout un défi, oh, ça oui.

10 décembre 2010

Fromage et effeuillage

Qu'ont en commun Dita Von Teese et la pizza? D'abord, pour tous deux, il arrive que nous enlevions des composantes, anchois ou vêtements, et que nous ne mangions pas la croûte, mais il y a plus. La reine du burlesque américain et le repas préféré des fêtards nocturnes se rejoignent, main dans le fromage, dans le merveilleux monde publicitaire des Internets.

L'interactivité propre au Web 2.0 (maintenant n'est pas le temps de faire ma montée de lait contre le fameux "2.0", j'y reviendrai, mes enfants) offre de nouvelles voies d'explorations aux compagnies les plus diverses, voies qui n'étaient auparavant que caressées, fantasmées.

Les voitures, les filles en bikini ou les allusions masquées-mais-pas-vraiment au sexe, c'est du passé. Le Web réalise le rêve de tout publiciste: prendre le consommateur par la main, le mener vers son produit, le laisser le toucher avec sa souris, caresser, faire joujou. En bref, lui donner le contrôle. Le consommateur n'est plus passif, devant son journal ou sa télé, n'ayant comme seul mécanisme de défense que de zapper ou de fermer les yeux. Il est appelé. Il choisit. Il interagit.

Le Favourite Website Awards (pour nos lecteurs moins bilingues: Les prix des sites Web préférés) décerne le ruban jaune du site du jour (FWA Site of the Day), qui est à l'excellence Internet ce que l'Oscar est à l'excellence de l'industrie du film. Or, deux fois plutôt qu'une, ces sites honorés s'avèrent être des campagnes de pub lancées par des compagnies: Nike, le dernier blockbuster hollywoodien, Perrier, une série télé à Canal+ et même les Pages Jaunes. Sans pour autant se définir comme du net.art (et ses multiples dénominations), ces sites n'en sont pas moins dénués d'audace et d'innovation.

Si vous vous êtes baladés en Europe, cet été, vous avez sûrement aperçu le look estival de l'eau Perrier: dur à manquer, si l'effeuillage, le rouge à lèvres et la lingerie sont votre tasse de thé. C'est toutefois l'URL au bas de la canette qui donne à la campagne tout son sens. Le consommateur, intrigué (ou alléché), entre ledit URL dans son fureteur et se retrouve dans le "Manoir Perrier" en tête à tête avec la pulpeuse demoiselle. Une fois sur le site, la voix de Dita elle-même le guide à travers l'exploration de deux pièces où l'eau pétillante devient étrangement sexy.

Un autre exemple de l'efficacité du Web en pub, certes moins affriolant, est la campagne menée par les Pages Jaunes. Afin de prouver que le bottin (version papier ou électronique) était toujours la meilleure manière de trouver un commerce, Yellow Pages a créé à Melbourne, Australie, une pizzeria secrète, annoncée exclusivement dans les pages jaunes. Les Melbourniens ont ensuite été mis au défi de trouver le restaurant, en échange d'une pizza gratuite. En deux semaines, plus de 6 000 entrées ont été enregistrées à travers le moteur de recherche du site, une file d'attente s'est formée devant la localisation secrète, le restaurateur est tombé en rupture de salami.

Tout ceci est bien intéressant, La Fille, me direz-vous, mais que vient faire le Web dans tout ça? Eh bien, pensez-y deux secondes, mes kiwis. À quoi servirait, en pub, un évènement ponctuel ne se déroulant que sur deux semaines, dans une seule ville du monde, si ce n'était du Web qui permettait de rendre l'expérience accessible à tous? Au Hiddenpizza.com.au, l'internaute accède au restaurant comme s'il l'avait lui-même déniché. Il peut même tagger des gens sur Facebook, s'il reconnait des connaissances dans la foule qui défile. Et bien sûr, un peu partout sur le site, le slogan des pages jaunes : "Be found!".



Avec l'explosion des Ipad, Iphones et autres téléphones intelligents, tout le monde est tout le temps en ligne. Alors plutôt que d'avoir recours aux codes QR, peu efficaces (qui veut vraiment "scanner" un code noir et blanc? C'est un peu archaïque, comme principe), les compagnies se plongent dans les possibilités expansives du Web. Venez, gentilles brebis, cliquez sur le lien, vous pourrez créer votre propre avatar de footballeur, jouer le temps d'une scène aux côtés de Benicio Del Toro ou, of course, verser du Perrier dans le décolleté de Dita.

Je vous le demande: Qui ne succomberait pas à la tentation?