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14 septembre 2011

Ne pleure pas sur la lentille

Commis par Maax

Chaque année, c’est la même chose: le World Press Photo débarque, j’y vais, je regarde et je rentre à la maison déprimé. Je n’ai jamais été un cynique, j’ai toujours cru - et je crois toujours - que les choses allaient moins bien avant et que le sort de l’humanité s’est amélioré. Je me dis toujours que le sort de l’humanité ira vers le mieux. À mon sens, l’Histoire a toujours un sens positif. Cependant, chaque année, le World Press Photo me jette un espèce de froid agaçant, avec ses images qui marquent au fer rouge et ses vies qu’on voudrait aider.

Combien de visages en sang et en larmes ai-je vu d’Afghanistan? Beaucoup trop diront nos âmes sensibles, mais d'un autre côté, vue l’ampleur des émois causés par une telle guerre, bien peu. Et le nombre de photos de désastres naturels qui me font regarder le ciel et la terre avec une certaine humilité, une certaine peur... Daniel Berehulak, avec les inondations de l’Indus a réussi à capturer cette peur. Sa photographie, avec l'énorme lumière, l’eau noire et les insectes, aura transmis un désarroi profond jusqu'à moi, dans le musée. L’horreur des inondations au Pakistan aura été un peu plus universelle, ainsi.



Voila le double rôle du photojournalisme: transmette un savoir, transmettre une émotion. Le journalisme existe dans ce monde pour trier un flot infini d’informations, l’artiste existe dans ce monde pour trier un flot infini d’émotions. Le photojournaliste doit concilier les deux, et par conséquent, il doit faire face à des milliers de questions éthiques: payer ou non l’intervenant, aider quelqu’un en danger ou le photographier, participer à l’illégalité, changer les faits ou la lumière pour rendre la photo plus sensible, photographier ou ne pas photographier un cadavre, etc. Le photojournaliste se met tellement au centre de l’information, tellement au centre de l’histoire qu’il finit par devenir invisible devant ces visages et ces formes. C’est à ce moment qu’il devient artiste, qu’il choisit son cadre, sa profondeur de champs, son regard. Je me demande à quel point les questions éthiques subsistent face à l’angoisse du moment, face à la nécessité et à la rapidité d’exécution. La photographie est un art instinctif, et dans le cas du photojournalisme, cet instinct semble se muer avec l’instinct de survie du photographe, mais aussi celui du sujet. Je ne suis pas un journaliste, alors que ceux exerçant cette profession répondent à la question, mais en tant que (futur) artiste, je considère cette forme d’art comme étant la plus noble, la plus accomplie.



Robert Ménard disait que le photojournalisme, surtout celui de guerre, était là pour que les gens sachent. Les gens pouvaient s’en foutre, pouvaient aider, pouvaient rigoler devant les clichés, mais qu’importe, les gens devaient savoir. J’ai su…

… et même si 8 cadres pour décrire la Guerre des cartels au Mexique paraissent si peu, c’est déjà beaucoup.






07 septembre 2011

Le Rugby. Hein.

Commis par Max



D'habitude, je parle de cinéma ou de séries télé; ou alors je fais des photos ou je parle de.
Bon et bien, pas cette semaine.
Cette semaine, c'est le rugby.

Si tu prends la violence de la Première Guerre mondiale et que tu le mélanges avec la grâce de la méthode Balanchine, ça donne le rugby.

Ce mois-ci, c'est la coupe du monde rugby. Ça va être dur. C'est en Nouvelle-Zélande. On va devoir se lever tôt, mais ce n'est pas grave, nous sommes des hommes durs, la douleur c'est psychologique, etc.

Je ne vais pas essayer de passer pour un grand expert sur la question, mais, tout de même, mini-leçon d'histoire: le rugby a été inventé à Rugby (Angleterre, West Midlands) quand William Webb Ellis, jouant au foot, prend le ballon en main et le dépose derrière la ligne des buts. Bon après, d'accord, il y a aussi des ancêtres tels que le Hurling irlandais, le Calcio italien, la Soule française ou même le Knappan gallois (sympa, pour les fans de Scrabbles) qui ont influencé le jeu de manière assez exhaustive, notamment en ce qui concerne le pointage et la nature "rugueuse" du sport.


Puis, l'importation du rugby a donné naissance à deux sports qui domineront deux grandes nations du continent nord-américain: le football américain et le hockey sur glace.  Tout de même... aucun sport ne peut se vanter d'avoir pris autant au passé pour ensuite influencer le futur.

Le sport se joue à XV (toujours utiliser les chiffres romaines, toujours). Il y a des variantes à XIII et IX. Chaque position est numérotée, chaque position est très spécifique, contrairement au football ou au hockey. Voici un bon vidéo expliquant les règles:

D'emblée, on comprend deux choses: premièremen, il s'agit probablement du sport dans lequel le jeu d'équipe est le plus important; deuxièment, le jeu est d'une rare finesse tactique.
 
L'autre aspect que j'apprécie au rugby, c'est la culture internationale qui l'entoure: 20 nations de tous les continents vont participer à la coupe du monde, des États-Unis jusqu'à l'excellente équipe des îles Fidji. Le jeu a autant été influencé par la culture Maori, que par la joie de vie française, que par l'histoire de la ségrégation en Afrique du Sud, etc. Récemment, des grands pays - comme l'Argentine - collectionnent les bons résultats; le Japon fait bonne figure et des petites nations ( Irlande, Pays de Galle, Géorgie, Tsonga) ont d'extraordinaires joueurs. De plus, le sport n'a jamais entrainé la violence qu'on a connu dans le monde du foot. C'est un sport qui tient tellement à son code de respect que ça transpire dans les gradins.


Le Canada va aussi participer à la Coupe du Monde, placé dans le groupe difficile (celui de la France et des légendaires All Blacks de Nouvelle-Zélande). Au début de chaque compétition, je suis déçu de constater la faible couverture médiatique, vu le nombre de valeurs canadiennes  (ouverture sur le monde, respect de l'opposition, esprit d'équipe) que ce sport intégre.

Cela dit, je continue à croire qu'avec un peu d'aide, le rugby canadien peut devenir une histoire encore plus belle.

En attendant, vive la France.

Puté con.

19 juillet 2011

True Grit: Les 5 raisons de le regarder.

Commis par Maax

1. Vivre dans un film.

Un pote à moi m'expliquait pourquoi Blade Runner est un de ces films favoris: "En gros, c'est que j'aimerais vivre dans Blade Runner, de voir cette espèce de ville futuriste du haut d'un taxi et d'aller manger du chinois dans la brume et le béton mouillé." C'est vrai, c'est une qualité qu'on oublie trop souvent: être transporté ailleurs, c'est une des fonctions de l'art. True Grit me fait cet effet, aussi. J'aimerais vivre dans ce film, parcourir le territoire indien à cheval et rencontrer ces personnages. Juste d'y penser, j'en souris d'un certain bonheur. Les costumes sont merveilleux, par ailleurs.


2. Hailee Steinfeld

Ce n'est pas tout les jours qu'on assiste à la création d'un tel personnage par une aussi jeune actrice. Steinfeld a 14 ans et elle vole la vedette à Jeff Bridges, Matt Damon, Josh Brolin et Barry Pepper. Dieu sait que Barry Pepper est un formidable acteur.

3. Les "dissolves".

J'aime pas les dissolves, les fondus. Non vraiment, c'est très rare qu'ils soient beaux et ils ne servent à rien. Le film en regorge et je n'ai pas compris pourquoi. Qu'importe, j'aime les dissolves maintenant. Le montage, fait par le fictif Roderick Jaynes (haha), est décidément arythmique*, étrange, risqué, mais c'est un montage qui fonctionne très très bien. Je dirais même qu'au niveau du montage, c'est le Coen le moins conservateur, le plus ample, le plus flexible.

Exemple: Le premier plan est un beau paysage, avec trois personnages qui le traverse. Classique. Dissolve vers un second plan, encore plus beau, voir magnifique avec les trois mêmes personnages. Aussitôt que le dissolve est terminé, le plan retombe encore en dissolve pour un troisième coup. Ça n'a aucun sens, mais ça marche.


4. Les frères Coen sont au son ce que Carravage est à la lumière.

Quand tu es capable de faire la différence entre les accents des trois personnages et pourquoi, ça nous ramène au point 1 de l'article. Le rythme sonore du dialogue est impeccable, mais le son aussi, ces tick-tack-tock de grosses séquences d'action. Chaque son est juste, chaque son est bien placé. C'est pas au niveau de No Country for Old Men (ou là vraiment, pour la première fois, je me suis dit que le son était le moteur du film), mais ça reste un tour de force.


5. Les serpents.

Meilleure scène de serpent depuis Indi...non depuis Hard Target.


* terme trouvé par l'intellectuel allant par le nom de Grand Dieu Raspou.

13 juillet 2011

Les portails bleus et oranges

Commis par Maax



"I think we can put our differences behind us, for science ... you monster."

Qu’importe le médium, on aime les bonnes histoires. Portal, un jeu de la compagnie Valve, propose une de ces bonnes histoires.

À sa sortie, le jeu était d’une simplicité bienvenue dans le monde du jeu vidéo: un personnage humain, un robot et des puzzles. Prisonnier d’un gigantesque laboratoire, le joueur doit y affronter le robot central, GLADoS, qui lui fait traverser des épreuves. Il a à sa disposition une seule arme: un fusil à portails. Ce fusil spécial peut créer un portail bleu ou un portail orange; l’un servant à rentrer dans l’autre, et les astuces du jeu découlent de ce système. Allégorie du jeu vidéo, s’il y en a bien une: un système fermé, une machine qui gère l’avancement du jeu, une narration qui fluctue au rythme du personnage anonyme. Portal a été cité comme chef d’oeuvre par la critique et, en effet, j'y trouve une expérience de jeu géniale que je recommande à ceux n'ayant aucun véritable attachement au monde du jeu vidéo.

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Comme il est coutume dans le monde du jeu vidéo, Valve a bien sûr produit une suite. Portal 2 (le jour où ils arrêterons avec les chiffres pour désigner les suites…) fonctionne avec le même système et l’histoire est très similaire, quoique plus longue et plus riche. La science est l’un des thèmes centraux de la série, avec un véritable combat entre la biologie et la mécanique (pensez seulement aux oiseaux, à l’usine et ses plantes, au personnage principal qui confronte les robots, à la fameuse patate...), entre les idéaux dangereux et la capacité de survie. L'avatar que nous incarnons n’a aucun idéal exprimé, aucune politique, aucune poésie; son seul véritable (en)jeu est de survivre parmi les idées horribles de Cave Johnson, GLADoS et Wheatley, qui s’entredéchirent de leur propre manière. Et Valve sait comment ne pas tomber dans l’excès puisque la science permettra à GLADoS de se repenser, le temps de sauver la seule humaine de l’aventure, et le fusil et ses portails permettront à l’héroïne de se sauver.

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Ce qui m'amène à Léonardo Da Vinci. Oui. Leonardo da Vinci, lui qui voulait créer une certaine harmonie entre la technologie, la science et l’art, l’expression. Le jeu vidéo (et l’animation 3D par extension), avec sa recherche de perfection graphique, ses engins de gameplays et ses possibilités d’innovations, semble être l’héritier de la pensée du grand maître franco-italien-jétais-ici-mais-là-bas-vive-Francois-1er. L’art exprime notre émotion face à la technologie, la technologie nous permet de concevoir ce même art, Portal et Portal 2 en sont une parfaite illustration.

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PS: Google + c'est trop bien. Trop. Bien.
PS2: était une bonne console.
PS3: Ça faisait longtemps que je voulais la faire. Très longtemps.

29 juin 2011

L’insoutenable légèreté de Terrence Malick.

COMMIS PAR MAX

Photobucket

Il y a de ces perfections qu’on ne peut exprimer. Nous vivons tous ces courts moments de grâce, de bonheur et de légèreté qui nous paraissent indescriptibles tellement ils sont simplement trop sensoriels pour être exprimés en mots. Comme des éclairs qu’on attrape dans une bouteille et qu’on admire pendant des heures sans comprendre pourquoi, sans pouvoir dire durant combien de temps. Ces moments, je les vis, je les ressens et j’essaye constamment de les retrouver dans l'art. Récemment, j’ai compris que c’est Terrence Malick qui a su le mieux recréer ces émotions en moi, particulière dans son dernier film, présentement en salle. C’est sûrement bête, mais je reste encore hanté par le souffle que m'a procuré une succession de plan : la mère qui nettoie ces pieds avec un arrosoir dans le jardin, l’enfant qui se met à boire cette eau.

The Tree of Life est un film simple. Le résumer est futile. Certes, l’exécution du film peut paraître ambitieuse puisque chaque type de plan, chaque angle, chaque mouvement de caméra est reproduit. Le film pourrait être vu en classe comme leçon modèle de cinéma. Cependant, toute cette grandiose manœuvre tend à nous rappeler que la vie, c’est une calme humilité face à l’univers, face à la mort, face à la biologie même des choses vivantes : on n’y peut rien. Simplicité. Ce qui compte réellement, c’est comment la lumière traverse les fenêtres, comment courir est agréable, comment on s'est senti quand on a eu réellement peur pour la première fois ou quand la main de notre père se pose sur notre cou, qu'est ce qu'on ressent lors des premiers pas de notre enfant. Certes, le film de Malick contient des scènes d’une tristesse profonde, mais ce dont je me rappelle de ces scènes, ce sont encore les détails sonores et visuels, la voix chuchotée du père O’Brien qui explique à sa femme que ça ira, les deux baignant dans le gris-bleu profond du trottoir et des nuages. C’est peut-être une mauvaise description, c’est peut être même loin du film, mais c’est le souvenir que j’ai. C’est le souvenir qu’on a d’un film qui compte.




J’aime Malick parce qu’il me rappelle que le cinéma ne doit pas forcément être intellectuel, qu’il peut aussi être un médium d’émotion pure. Parce qu’après toute ces années, c’est the Tree of Life qui m’a rappelé que pour moi l’émotion, c’est sensoriel.


Photobucket

16 juin 2011

De quoi les yeux sont fait (en 2011)

Les systèmes digitaux qui remplacent la pellicule annoncent la mort du grain, cette beauté organique et vivante. Ce qui fait place au pixel, carré immobile, parfait. On dit que le yeux sont le miroir de l'âme (ou quelque chose comme ça)... Voici donc des yeux, dans leurs plus intimes pixels. Ils sont à différentes échelles de zoom, et cinq d'entre eux représentent les membres de La Diago, dans divers états, poses, émotions.

yeux K

yeux max

yeux maxouel

yeux jp

yeux gui

yeux drill

Bienvenue dans l'ère digitale.

07 juin 2011

You’ll be a Mad Men, my Mad Son (Chapitre 3)

Commis par Max



Je suis née en 1988. C’est-à-dire que ma vie d’adolescent a été bercée par la série télévisée américaine Friends. Je dis bercé pour être poli, parce que je voudrais réellement dire "horrifié": j’ai regardé quelques épisodes et il s’agit à mon avis de l’émission la plus désagréable qui existe. Malgré ma réticence, on m’en parlait tant que je connaissais le nom des 6 personnages sans même pouvoir leur associer un visage. Chaque semaine, on me racontait les péripéties insipides et les mauvaises blagues ad nausefuckinum. Du coup, tout ce qui était sitcom me donnait de l’urticaire, et j’ai ignoré le genre jusqu’en 2008.

Et Larry David arriva.

Avec son crâne chauve et ses énormes lunettes et ses souliers blancs - tel un chevalier de l’humour - et, bien sûr, sa capacité à devenir rouge en deux secondes. Ces bras qui gesticulaient en criant "WELL GOOD FOR YOU", c’était le geste que j’attendais: la vengeance pour détruire Friends se préparait. Et Dieu sait qu’il les a détruit. Bien comme il le faut.

Ma première rencontre avec David, c’était dans Whatever Works de Woody Allen, et tout de suite, j’ai eu besoin d'en savoir plus sur lui. Et je suis tombé sur Curb Your Enthousiasm, série dans laquelle David se met lui-même en scène. Je suis tombé en amour, un amour qui s'est raffermi par la suite quand j'ai découvert le monument qu’est Seinfeld (série que David co-signe). Non vraiment, Larry David est à l’improvisation ce que Mozart est à la musique; Larry David manie le quiproquo comme Federer manie sa raquette.

C’est à dire vraiment bien, si tu ne connais pas le tennis.



Larry David ne s’exprime jamais dans la controverse socio-politique, dans la discussion politique ou ce genre de choses (contrairement à Mad Men ou The Wire). C’est tant mieux. La richesse? Larry David est super riche mais malgré cette immense fortune, tous ses projets tombent à l'eau. Alors, on l’oublie. Les noirs et les juifs? Des blagues sur leur stéréotypes, certes, mais ça s’arrête là. La relation entre les hommes et les femmes? Larry David est nul avec tout le monde, homme ou femme. Au final, l’incompétence de Larry, ses habitudes ridicules et son trouble d’attention déficitaire (le plus gros au monde) forment toute les situations hilarantes. En fin de compte, nos bêtises à nous, individu, c’est ce qui compte, non? Tout ne doit pas être politique. Rire, c’est déjà assez difficile, et Larry David le sait mieux que quiconque. Il joue son propre rôle. Il le fait avec brio.

Surtout mieux que les scénaristes de Friends.

FFS.


31 mai 2011

Revenir sur ses pas

Commis par Max


Il y a un été, je finissais mon tout premier rouleau de pellicule de noir et blanc.
L'idée était de photographier des instants de mémoire, mais de manière complètement anti-onirique et très précise.
Pour des raisons qui m'échappent encore, ces photos, je ne les avais jamais appréciées.





Aujourd'hui, je considère que ces photos sont parmi les plus réussies que j'ai faite. Bon, je regrette de pas les avoir imprimées comme il faut. Par contre, j'ai encore mes négatifs.








S'il faut une morale à cette courte histoire ? Laisser une chance aux œuvres auxquelles on donne naissance. Elles finissent par prendre le dessus sur de néfastes premières impressions.





(La semaine prochaine, le troisième chapitre sur les séries télévisées américaines : Curb Your Enthousiasm)

25 mai 2011

You’ll be a Mad Man, my Mad Son (Chapitre 2)

Commis par Maax


You’ll be a Mad Man, my Mad Son sera divisé en 4 chapitre et portera sur l’avenir de la série américaine : The Wire, Mad Men, Curb Your Enthusiasm et la Web Série/Youtube.


Pour le premier chapitre sur les séries américaine: The Wire

Avec un pote, on regardait la liste du fameux “ Stuff White People Like ” et la première chose que j'ai cherchée, c’est Mad Men. Vraiment, dans mon entourage, je ne connais personne qui n’aime pas Mad Men (et mon entourage est pas mal blanc). Une telle unanimité est compréhensible : Mad Men est une grande série, faite par des blancs et pour des blancs.



Si The Wire est une photo d’une Amérique actuelle et sans repères, Mad Men est un polaroid d’une Amérique qui commence à se comprendre, celle du début des années 60. Comme dans The Wire, ce qui m’impressionne dans les aventures de Mad Men, c’est le vaste choix de sujets : publicité, famille, misogynie, politique, ségrégation, corporatisme, alcool/drogues, homosexualité, psychologie, religion, et, chaque fois, c’est exploré avec finesse et justesse. Je le répète, il n’y a que le médium de la série qui peut construire une telle épopée. Mad Men tourne autour du personnage de Don Draper. Ce dernier est probablement le plus gros symbole américain qui nous ait été donné depuis plusieurs décennies, et l’ubiquité culturelle de la série ne fait qu’amplifier son importance. Don Draper est l’Amérique. Il incarne le rêve américain dans tout ce qu’il a de plus de complexe. La rupture morbide avec le passé que Draper opère représente le fantasme américain s’il en est un. Aux États-Unis, l’égalité des chances donne avantage à l’imagination et à l'esprit d'entreprise; au détriment, peut-être, de la famille et de l’éducation. Lane Pryce, l’expatrié britannique de la série, expliquera ainsi son amour de New-York: "Cela fait 10 mois que je vis ici et personne ne m’a demandé de quelle école je viens".



Don Draper n’est pas une exception : Peggy Olson, malgré qu'elle provienne d'une famille modeste - et qu'elle soit une femme -, finit par obtenir un poste important. Le rêve américain est violent, les trois personnage mentionnés sont obligés de rompre avec leur famille et leurs origines, pour accéder à un meilleur statut social. Les désarrois de la haute classe sont visibles chez les personnages, notamment chez Pete Campbell, une véritable boule de nerfs coincée dans la chemise de la haute noblesse New-Yorkaise. Vincent Kartheiser, qui joue le rôle de Campbell, offre à mon avis la meilleure perfomance d’acteur de la série. Kartheiser a compris que son personnage était un véritable miroir de Don Draper : Campbell est aussi un pur produit de l’Amérique et de la compétition malsaine, du libéralisme à l’outrance et des valeurs masculines, sauf qu’au lieu de passer de la campagne de l’Illinois vers un gratte ciel de New-York (comme Don Draper), Pete Campbell est incapable de rompre avec sa famille et son statut.




The Wire était l’autopsie des années Bush et, au risque de causer une controverse, je crois qu'Obama n’a pas réussi à créer la rupture à laquelle on s'attendait : Wall Street est toujours au pouvoir (voir mon article sur Inside Job) et le tissu social américain continue à s’aliéner dans un monde publicitaire et individualiste, et je ne doute pas que Mad Men sera éventuellement vu comme la série phare des années Obama.

16 mai 2011

You’ll be a Mad Man, my Mad Son (Chapitre I)

COMMIS PAR Maax






You’ll be a Mad Man, my Mad Son sera divisé en 4 chapitre et portera sur l’avenir de la série américaine : The Wire, Mad Men, Curb Your Enthusiasm et la Web Série/Youtube.


Aujourd’hui, les grands personnages de l’Amérique se retrouvent dans les séries télévisées. Je crois encore que le cinéma américain est d’une qualité phénoménale, que la scène indépendante est d’une vitalité impressionnante et que le cinéma de haut divertissement continue à nous sortir les 4 ou 5 films-spectacles de l’année. Mais la série américaine, qu’elle s’appelle Curb Your Enthusiasm, Weeds, Six Feet Under, The Wire ou Mad Men, représente un juste milieu entre le glamour et l’intelligence, entre le spectacle et l’humilité. Au Canada, pays aux moyens de distribution limités, rien de cela n’est surprenant, ce qu’on a pu faire en film à été réalisé par la CBC et SRC, aux États-Unis, c’est un vent de fraîcheur. Non parce qu’après M.A.S.H, qu’est ce qu’il y a ? Dallas ? Trop feu de l’amour. Friends et Seinfeld ? Trop sitcom (et nul, dans le cas de Friends, revenez-en). C’est bien le DVD et les chaines de Cable qui ont renouvelé un tel medium et qui aujourd’hui, écrit l’Amérique.




Parce que l’Amérique s’écrit quand on regarde The Wire. S’il y a une description exacte des années Bush, c’est bien celle-ci. Entre la violence des drogues, le combat difficile des policiers, la mort du travailleur et de l’école, on en vient à croire que le grand corps américain commence un cancer de la peau. Un film n’aurait jamais eu le temps de développer un tel corpus, Ken Loach et ses 264 films (pour être exact) vous en dira tant. Malgré la déprime que peut provoquer The Wire, on y revient de manière constante, on cherche des solutions, on réfléchit et l’horreur reste, comme chez ceux qui s’amusent à élucider les crimes répertoriés dans le journal. The Wire est l'autopsie d’une société dont les libertés sont aussi un énorme problème. Le libéralisme à outrance aura assassiné Baltimore, lentement et sûrement. Si on sait aujourd’hui que Pittsburgh à été sauvée des eaux, on ne peut en dire autant de Détroit, de la Louisiane.




J’ai souvent regretté la mort du film choral. Les deux Anderson (Wes et P.T) sont les seuls véritables réalisateurs qui œuvrent (parfois) dans ce registre. David Simon, le cerveau derrière The Wire, ne s’occupe rarement que d’un seul personnage, même si certains sont plus populaires que d’autres (McNulty, Omar Little par exemple). Véritable fresque, The Wire à été transformée en culte massif qui s’étend bien au delà des classes sociales et des races. L’humour de The Wire, grande oubliée derrière les fusils et la drogue, est l’arme secrète de David Simon, qui lui permet de lier les différents milieux au delà des intrigues. Quelques années après la fin de la série, Lehman Brothers fait faillite, et vous connaissez la suite... comme si The Wire, malgré toute ses qualités, n’a pas encore été compris.

02 mai 2011

Élections fédérales 2011 - Les résultats

Ce soir, dès 20h00, suivez la soirée électorale avec la Diagonale. Analyse des résultats et conversations (im)pertinentes sont au rendez-vous. On vous promet de ne pas trop parler de Muguette Paillé cette fois.



Avant la soirée, n'oubliez pas de consulter la trousse de l'électeur de la Diagonale et d'aller voter avant 21h30!

26 avril 2011

L’armée de terre

Commis par Max


Imaginez Louis XIV qui déciderait de recréer Versailles et ses habitants, en terre cuite, dans le Nord de la France. Et il manigancerait tout ça sous terre. C’est vraiment mégalo comme idée non ? Eh bien un empereur chinois l'a fait. Non vraiment, on nous dit que les Américains et les Français sont mégalo, mais les Chinois le sont tout autant.



Le musée des beaux-arts de Montréal consacre sa nouvelle exposition à l’armée de terre cuite de l’Empereur Qin Shi Huang et, franchement, c’est sa meilleure expostion depuis très, très longtemps. Pas que les expositions d’avant étaient décevante (mis à part le populisme mégadémago du machin Peace and Love and John Lenon, je les ai toutes beaucoup aimées), mais si on est moindrement passioné d’arts, d’histoire et d'archéologie, cette exposition est un spectacle incroyable. Enfin, peut-être suis-je le seul à être ému lorsque je vois un vase qui a été utilisé par une paysanne chinoise il y a 2300 ans … 2300 ans ! Franchement, cette exposition a probablement la meilleure mise en scène que j’aie vue de ce côté de l’Atlantique : des explications claires, profondes et précises, une ambiance originale et un rythme parfait.





Pas loin de la ville de Xi’An, cet ensemble archéologique comprend (pour l’instant!) 8000 soldats d’1m 80-2m, 130 chariots, 520 chevaux, dont 150 chevaux de cavalerie, plein de canards en bronze, un gros chariot en bronze, un mausolée avec plein de diamants au plafond, et un système de rivières en mercure. Vu de haut, le tout prend la forme de la Chine de l’époque. 700 000 ouvriers-prisonniers ont participé à ce projet, avec des fonctionnaires, artistes. On trouve encore des armes refaites, des murs dessinés, et apparement que ce n’est que le début, bref-le mont-Rushmore-est-une-blague.




Sinon, visiter le musée des beaux arts le week-end de Pâques est une erreur que je répéte annuellement. Les vieux disent n’importe quoi, les enfants pleurent et les parents courent à droite et à gauche sans trop comprendre pourquoi. Je suis content que le musée ait du succès, mais j’ai bien hâte que l'agrandissement se termine. Plus d’espace fera du bien à tous, aux oeuvres en premier.



L'empereur guerrier de Chine et son armée de terre cuite
Du 11 février au 26 juin 2011

18 avril 2011

Les films étudiants


Les films étudiants



C’est la fin de l’année, les étudiants en cinéma montrent les films produits au cours de la session. Souvent, il s’agit d’une année de travail pour un résultat de 5, 10 et parfois 15 minutes. Cela peut paraître absurde, mais lorsqu’on voit nos films sur un grand écran, nous ressentons un soulagement monstre et un sentiment de réussite inégalable.
Après avoir vu plus de 65 films étudiants de première année d’université, j’ai décidé qu'il était temps de dresser une liste des éléments narratifs revenant souvent. Loin de moi l'idée de détruire les ambitions des futurs étudiants en cinéma. J’aimerais plutôt qu’ils évitent certaines voies qui, année après année, reviennent inlassablement. Voyons cela comme une forme de psychanalyse (si on veut).


Guide Ne pas faire du cinéma étudiant.
Les thèmes qui reviennent trop souvent:
  • La religion chrétienne. Qu’est ce qu’elle en prend la gueule, cette religion. Je veux bien qu’on ne l’aime pas, mais sur 65 films, il y en a 10 qui évoquent de manière massive Jésus et les abus chrétiens. Ça devient lourd. Alors, réglons la chose une fois pour toute: les jeunes n’aiment pas la religion. Oh ça non.
  • Les vieux. L’infantilisation des vieux, je n’en peux plus. Vraiment plus du tout. N’importe quel élève qui désir parler des vieux devrait automatiquement regarder Cloud 9, la Vie Moderne et du Ozu. En très gros, je note une incompréhension généralisée de la vieillesse par la jeunesse d’aujourd’hui.
  • La routine de tous les jours. L’idée d’exprimer l’ennui, avec l’ennui. Nada. Remarquez... Des professionnels avec 20 ans d’expérience le font bien, eux...
  • La violence exacerbée (et souvent sexuelle) sur des jeunes femmes en fin d’adolescence. L’idée d’exprimer le choc, avec le choc. Nada bis. Un manque de réalisme fait tomber le tout dans des clichés et des exagérations immenses.
  • La danse. Beaucoup de films sur la danse. Beaucoup. Je comprends l’attrait, c’est agréable à filmer, intéressant à monter, chouette à montrer. Cependant, à force d'en voir et revoir et revoir encore, les derniers films de danse de la programmation nous paraissent ringards (alors qu’ils ne le sont pas forcément!)
  • Les couples. Le gros sujet de la vingtaine. Je vais résumer le tout avec une question: peux-tu résumer une histoire de couple en 5 minutes? Si oui, ton couple n’est pas intéressant. Si non? Ne le restreint pas à 5 minutes. Certains réussissent très bien, mais beaucoup, beaucoup tombent à l’eau. Je comprends l'urgence d’en parler, mais c’est différent de vouloir en faire un film.
(L’idée est que, si le film est bien fait, cela ne pose aucun problème.)
Les plans et les objets qui reviennent souvent:
Les lavabos, les douches, les croix, les figures masculines fortes et pénibles, les miroirs, les plans larges de la nature enneigée, les voix off de nouvelles, les télévisions, de la musique non-originale d’un groupe de post-rock montréalais (for fuck’s sakes), des chiens, et beaucoup, beaucoup de mains.
Pratiquement chaque film avait son plan de mains. (Mon film aussi avait des plans de mains.)
Conclusion:
Mes études me mènent à la seule conclusion possible: l’étudiant occidental possédant le luxe incroyable d’apprendre les beaux-arts est en pleine dépression et déteste le monde autour de lui.
Pour les 4-5 autres qui ont fait des films drôles ou légers, merci.
Dernier commentaire:
Malgré tout, certains des films ayant fait exactement le contraire des conseils que je viens d'exprimer étaient très bons, très réussis. Comme quoi, une idée possède mille potentiels. D’autres n’auront repris aucun des thèmes et aucun des éléments mentionnés et auront été des flops monumentaux. Cependant, je rigole avec un fond de désarroi: en première année, l'université (Concordia) demande qu'on pense, réalise et monte nos films en 16 mm, et de ne toucher au qu'aux procédés numériques qu'à l'arrivée du son. Certaines personnes n'ont pris le temps de faire de films avec les moyens proposés et ayant opté pour les solutions numériques facile, en cachette. C'est un peu la mort de la pellicule, annoncée par des étudiants sans courage. Pour tout le reste, bravo!


13 avril 2011

Le débat des chefs vu par La diagonale

Mercredi le 13 avril, La diagonale clavardait en direct du débat des chefs en français.


Au menu: analyses décalées, commentaires coquins, conversations ludiques et échanges sérieux (pourquoi pas) sur les grands enjeux de notre société canadienne, dans un espace plus intime que ceux proposés par les grands médias.

11 avril 2011

Merci, Goldman.

Pour la majorité des étudiants, la session se termine. Soit on gradue, soit on se retrouve avec quelques mois de vacances, soit on se prépare au deuxième cycle. D’une manière ou d’une autre, l’idée qu'il va falloir se trouver un boulot nous trotte en tête. Qu’il soit à temps plein, à temps partiel, court ou long terme, qu’il soit intéressant ou bête, bien payé ou non, on va devoir s’y mettre. Ça va être dur. Je doute que les gens de ma génération réalisent l’ampleur de notre tâche: nous sommes les premiers à faire pleinement face à cette nouvelle mondialisation du marché, alors que la génération X se la ferme: C’était quoi, la Chine en 1983 ? Qu’est-ce qu’on en pensait du Brésil des années 90 ? Le monde est aplati ? Tant mieux, le monde change, les pakistanais ont droit à leurs jobs, autant que moi.
Je me sens un peu bête d’avoir choisi cinéma. Non c’est vrai, je suis passionné du 7ième art depuis l’enfance, j’ai écrit beaucoup de scénario et j’ai adoré mon expérience à l’université. Mais merde, j’aurais dû aller en finances, partir avec des bonus énormes, et ensuite étudier le cinéma. Ce que j’aurais fait? Travaillé pour une de ces super banques, une de celles qui fonctionne comme les cartels mexicains, question de prendre de l’argent des citoyens et le réinvestir dans des subprimes ultra-risquées. Quoique bon, travailler pour une boite de consultation, celle qui donne des notes de AAA à des investissements ultra-risqués, ça n’aurait été pas mal non plus. Non, mieux encore, j’aurais assuré tout le processus, et pris le temps d’en assurer aussi la perte, en mêlant tout les crédits de tout le monde et créant des complexités financières inutiles. M’enfin, qu’importe parce qu’à la fin du bordel, il y aurait eu le gouvernement qui m'aurait racheté avec l’argent des citoyens (que j’ai perdu)… ils sont con, quand même.

Et alors, ouais, ensuite le cinéma.
Et partir en Patagonie.


En attendant, La Tache vous l’a expliqué, c’est le temps des élections canadiennes. Montréal est devenue un gigantesque musée de putain de pancartes de portraits pénibles, la majorité de ceux-ci seront des perdants. Cela me semble bien inutile. Projet pour le futur: créer des milliers de pancartes de gens anonymes, pour aucun parti politique et aussi les afficher dans les rues. Jack Layton passera moins pour un clown, Stephen Harper sera moins sévère et mon dieu qu’Ignatieff a un visage étrange.
Mx

P.S.: Parlant politique, ce mercredi, c'est le débat des chefs. Je bloguerai en direct dès 20h00 sur la Diagonale, en compagnie de la Tache et de Guillaume. Z'allez voir, ça va torcher.

07 mars 2011

La Semaine de la Symétrie

La semaine de la symétrie commence aujourd'hui !

 


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Bonne semaine à tous et à toutes !

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